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Cours n° 5 - La synthèse romaine : le gouvernement mixte

par Daniel Andler (27/11/2009)

-V- La synthèse romaine : le gouvernement mixte

• Polybe, Histoire, (v. 150-140 av. J.-C.)Livre VI, Les belles Lettres, 1977. Trad. R. Weil et Cl. Nicolet., chap. 3, 5-9 : « Or il se trouve que la plupart des auteurs qui entendent nous donner un enseignement systématique de ces matières disent qu’il y a trois sortes de constitutions, qu’ils appellent l’une royauté, une autre aristocratie, la troisième démocratie. Mais je crois qu’il serait tout naturel de leur poser une question supplémentaire : nous présentent-ils ces constitutions-là dans l’idée que ce sont les seules, ou même que ce sont les meilleures ? Dans les deux cas, je crois qu’ils se trompent. En effet, il faut évidemment tenir pour la meilleure une constitution composée de tous les traits caractéristiques que j’ai mentionnés ; de cela nous possédons la preuve non seulement par le raisonnement, mais par les faits, puisque Lycurgue fut le premier à procéder ainsi, quand il établit la constitution de Lacédémone. Mais il ne faut pas non plus prendre ces constitutions pour les seules ; nous avons déjà vu des constitutions monarchiques et tyranniques qui, tout en différant extrêmement de la royauté, ont l’air à certains égards d’en être très proches ... »

• Cicéron, République : Livre I, XLV, Budé p. 244-246 : « En conséquence, parmi les trois types fondamentaux de constitutions, celui qui mérite, à mon avis, d’être de loin préféré aux autres, c’est la royauté. Mais à la royauté elle-même, on préférera un régime formé par le mélange harmonieusement équilibré des trois systèmes politiques de base. Je veux qu’il existe dans l’Etat un élément de prédominance royale, que l’on accorde aussi une part du pouvoir à l’influence des premiers citoyens, enfin que l’on réserve certaines questions au jugement et à la volonté de la formule. Les avantages de cette constitution, ce sont d’abord une certaine égalité des droits, dont les hommes libres pourraient difficilement se passer à la longue ; ensuite la stabilité : les régimes primitifs, en effet, versent aisément dans des vices exactement opposés à leur nature : un roi devient ainsi un tyran ; une aristocratie devient une faction ; un peuple n’est plus guère qu’une cohue, où tout est confondu ; d’autre part, les systèmes politiques eux-mêmes passent souvent à des régimes tout différents. C’est là un événement qui ne se produit guère dans l’unité harmonieuse de l’organisation politique mixte, sauf si les dirigeants commettent de graves fautes. Il n’y a pas de motif de révolution dans un Etat où chacun se sent solidement placé à son rang, sans courir le risque d’une brusque déchéance » ⇒ Le gouvernement et les trois formes de l’autorité : traditionnelle, cosmologique et théologique.

A lire : Lucien Jerphagnon, Les Divins Césars, Pluriel.


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