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Cours n° 3 - Les trois premières sources de l’autorité

par Daniel Andler (13/11/2009)

- III - Les trois premières sources de l’autorité

1) Définition de l’autorité

Il faut d’abord distinguer l’autorité du pouvoir, ne serait-ce que parce qu’il peut y avoir du pouvoir sans autorité (l’autoritarisme du petit chef) et de l’autorité sans pouvoir (la sérénité du vieux sage). L’autorité se distingue aussi de la contrainte par la force, qu’elle permet d’éviter, et de l’argumentation rationnelle, qu’elle dépasse. L’autorité n’a besoin ni d’imposer ni de justifier. L’étymologie du terme est intéressante. Le mot vient du latin augere qui signifie augmenter. L’autorité est donc une opération un peu mystérieuse qui augmente un pouvoir (le petit chef devient alors un grand homme) ou un argument (puisque l’argument d’autorité est censé avoir plus de valeur que les autres). D’où peut provenir cette augmentation ? A première vue, elle ne paraît pouvoir émaner que d’une instance extérieure et supérieure, qui justifierait qu’on obéisse à ceux qui sont en contact privilégié avec elle. La pensée politique se trouve donc alors intimement liée aux grandes explications du monde, de son origine et de son fonctionnement. Trois sources semblent devoir répondre à une telle exigence : la grandeur d’un passé mythique, l’harmonie de l’ordre naturel et la splendeur d’une divinité transcendante. Elles désignent les trois premières grandes réponses au problème de l’autorité. Et même si ces trois réponses se trouvèrent le plus souvent intriquées et mêlées, on peut tenter de les caractériser sous leur forme « pure » comme une mythologie, une cosmologie et une théologie de l’autorité.

2) L’autorité du passé

Voir J.-P. Vernant, Les origines de la pensée grecque.

3) L’autorité du cosmos

Ibid.

4) L’autorité du sacré

Cf. texte de Saint Paul sur l’autorité dans l’Epitre aux Romains (Rom. XIII, 1, 7) : « Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui. Ainsi celui qui s’oppose à l’autorité se rebelle contre l’ordre voulu par Dieu, et les rebelles attireront la condamnation sur eux-mêmes. En effet, les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu ne pas avoir à craindre l’autorité ? Fais le bien et tu recevras ses éloges, car elle est au service de Dieu pour t’inciter au bien. Mais si tu fais le mal, alors crains. Car ce n’est pas en vain qu’elle porte le glaive : en punissant, elle est au service de Dieu pour manifester sa colère envers le malfaiteur. C’est pourquoi il est nécessaire de se soumettre, non seulement par crainte de la colère, mais encore par motif de conscience. C’est encore la raison pour laquelle vous payez des impôts : ceux qui les perçoivent sont chargés par Dieu de s’appliquer à cet office. Rendez à chacun ce qui lui est dû : l’impôt, les taxes, la crainte, le respect, à chacun ce que vous lui devez ».


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