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Document 5- Les querelles de l’humanisme

par Daniel Andler (17/03/2009)

Document 5- Les querelles de l’humanisme

Le dispositif de l’humanisme semble, au moins sur la plan métaphysique achevé avec la philosophie kantienne : le renversement de la conception de la finitude (de la finitude manque à la finitude radicale) marque la fondation philosophique de l’humanisme. L’homme apparaît bien comme le point de départ de la démarche et comme le centre des préoccupations. Le fait que cet avènement philosophique de l’humanisme coïncide avec son avènement politique (les Déclarations des Droits de l’homme, américaines et françaises) n’est évidemment pas insignifiant. Mais cet avènement de l’humanisme ne va pas se faire sans contestation ; bien au contraire : on peut considérer que la querelle de l’humanisme va animer et structurer toute la philosophie contemporaine.

I- La querelle de la Révolution française : première critique de l’humanisme moderne

a) La querelle du Panthéisme (1785) : Jacobi ➝ le rationalisme politique est un nihilisme et un fatalisme.

b) La querelle des Droits de l’homme (1790 ...) : Burke, Marx Maistre : [Considérations sur la France (1797)] « La Constitution de 1795, tout comme ses aînées, est faite pour l’homme. Or, il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâce à MOntesquieu, qu’on peut être persan ; mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu. » Marx : L’idéologie allemande, « C’est justement ce triomphe des individus indépendants les uns des autres, triomphe qui sur cette base ne peut être qu’égoïste quant à leur comportement social, qui rend nécessaire la négation de soi dans la loi et le droit ; cette abnégation est en fait l’exception, l’affirmation de l’intérêt personnel, la règle »

II- Les querelles de l’humanisme depuis les années 30

Trois phrases principales : 1) Le monde de la technique dans la postérité de Nietzsche (années 30) 2) Le débat Sartre-Heidegger (années 50) Sartre : « On m’a reproché de demander si l’existentialisme était un humanisme. On m’a dit : mais vous avez écrit dans La Nausée que les humanistes avaient tort, vous vous êtes moqué d’un certain type d’humanisme, pourquoi y revenir à présent ? En réalité, le mot humanisme a deux sens très différents. Par humanisme on peut entendre une théorie qui prend l’homme comme fin et comme valeur supérieure. [...] Mais il y a un autre sens de l’humanisme, qui signifie au fond ceci : l’homme est constamment hors de lui-même, c’est en se projetant et en se perdant hors de lui qu’il fait exister l’homme et, d’autre part, c’est en poursuivant des buts transcendants qu’il peut exister ; l’homme étant ce dépassement et ne saisissant les objets que par rapport à ce dépassement, est au cœur, au centre de ce dépassement. Il n’y a pas d’autre univers qu’un univers humain, l’univers de la subjectivité humaine » (L’existentialisme est un humanisme). Heidegger (Lettre sur l’humanisme, Aubier, p. 75-77) : « ... Mais cette opposition ne signifie pas qu’une telle pensée s’oriente à l’opposé de l’humain, plaide pour l’inhumain, défende la barbarie et rabaisse la dignité de l’homme. Si l’on pense contre l’humanisme, c’est parce que l’humanisme ne situe pas assez haut l’humanitas de l’homme. La grandeur essentielle de l’homme ne repose assurément pas en ce qu’il est la substance de l’étant comme “sujet” de celui-ci, pour dissoudre dans la trop célèbre “objectivité”, en tant que dépositaire de la puissance de l’Etre, l’^étre-étant de l’étant. L’homme est bien plutôt “jeté” par l’Etre lui-même dans la vérité de l’Etre, afin qu’ek-sistant de la sorte, il veille sur la vérité de l’Etre, pour qu’en la lumière de l’Etre, l’étant apparaisse comme l’étant qu’il est. [...] L’homme est le berger de l’Etre. » 3) Anti-humanisme et sciences humaines (années 60-70) : Lévi-Strauss, Foucault, Lacan, Bourdieu,

III- Sommes-nous sortis des querelles de l’humanisme ? Autour de la « post-humanité » Sloterdijk, Fukuyama.

Voir Jean-Michel Besnier, Demain les posthumains ? Le futur a-t-il encore besoin de nous ? Hachette, 2009.


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