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Justice, économie et sociétés

La question traditionnelle de la théorie générale de la justice était celle de la justice distributive interne : faut transférer, dans une société donnée, les ressources des riches vers les pauvres, comment, dans quelles proportions, à quelles conditions, selon quel type de répartition ? La question qui vient s’y ajouter à partir des années 1980, à travers la radicalisation des inégalités Nord / Sud, est celle de savoir s’il faut transférer une part des ressources des Etats riches vers les Etats pauvres, et là aussi comment, selon quelles modalités et à quelles conditions.

La perspective d’un tel transfert requiert des choix dont les Etats nantis peuvent considérer qu’ils ne vont pas de soi : même les Etats les plus riches ont en effet leurs phénomènes de pauvreté interne, globalement relatifs certes, mais problématiques néanmoins pour une partie des populations concernées, notamment dans les phases de chômage de masse.

On peut comprendre aussi que les Etats destinataires de l’aide s’interrogent sur le principe même de l’assistance, en particulier sur les effets de dépendance qui peuvent ainsi se créer, sur l’engendrement d’une sorte de nouvelle colonisation économique.

Face à ces questions, qui articulent justice interne et justice globale, la plupart des théories contemporaines de la justice ont essayé de prendre position. Il apparaît toutefois que toutes les théories de la justice ne sont pas susceptibles de se laisser convoquer pour répondre aux données de ce débat. Il apparaît aussi qu’entre les théories philosophiques de la justice et les choix politiques concernant les inégalités la médiation de l’économie constitue l’une des conditions d’une philosophie politique véritablement appliquée. Ce pourquoi, parmi les premières séances, seront fournis des éléments indispensables sans lesquels des philosophes s’interrogeant sur la justice n’ont plus aujourd’hui aucune chance de rencontrer le réel.

Pour développer ces questions, le séminaire accueillera, au-delà d’une mise en place de sa problématique, des invités représentatifs des interrogations évoquées et des types de réponse susceptibles de leur être apportés. En 2005-2006, il avait accueilli Michel Rocard, Jacques Delors, Luc Ferry, Patrick Weil, etc. En 2006-2007, Catherine Audard, Jean-Marc Ferry, Philippe Van Parijs, Elsa Assidon, etc.

Amphithéâtre Cauchy - Le jeudi, de 18h à 20h, tous les quinze jours

PROGRAMME DU PREMIER SEMESTRE

18 octobre, Alain Renaut : Introduction générale : Economie de marché et justice sociale. L’exemple de l’éducation

8 novembre, Pierre Zelenko (Avocat d’affaires, ancien élève de l’Ecole supérieure de commerce de Paris, ancien élève de l’ENA, diplômé de l’IEP-Paris) : Les grandes étapes de la pensée économique

22 novembre, Jean-Fabien Spitz (Professeur de philosophie politique et d’éthique à l’Université de Paris-I) : Responsabilité individuelle et justice sociale

6 décembre, Axel Gosseries (Chercheur qualifié du Fonds National de la Recherche Scientifique, Chaire Hoover d’éthique économique et sociale de l’Université Catholique de Louvain, Belgique) : La démocratie dans l’entreprise : injustifiable ?

20 décembre, Philippe Mongin (Directeur de recherches au CNRS, Laboratoire d’économie de l’Ecole polytechnique) : L’économie politique est-elle une science ou une morale ?

PROGRAMME DU SECOND SEMESTRE

14 février, Alain Renaut : Introduction : Qu’est-ce que le social-libéralisme ?

28 février, Daniel Innerarity (Professeur de philosophie politique à l’Université de Saragosse, Espagne) : La configuration politique du futur

13 mars, Philippe Steiner (Professeur de sociologie économique à l’Université de Paris-I) : Justice dans l’allocation non marchande : le cas des greffons rénaux

27 mars : pas de séance (absence)

10 avril : Sylvie Brunel (Professeur de géographie humaine à l’Université de Paris-IV, ancienne Présidente d’Action Contre la Faim, membre du Haut Conseil de la coopération internationale) : Séance sur l’humanitaire commune entre le séminaire de Sylvie Brunel et le séminaire d’Alain Renaut.

15 mai, Daniel Weinstock (Professeur en philosophie politique et politiques publiques à l’Université de Montréal, Directeur du CREUM, Centre de Recherche en Ethique de l’Université de Montréal) : Les obligations de redistribution à l’échelle globale sont-elles strictes ou imparfaites ?

29 mai, Alain Renaut : Conclusions et perspectives

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Indications sur la validation du Séminaire de M2

Le séminaire se valide par un mini-mémoire (MM) de 10 à 15 feuillets ( pages de 1500 signes, soit 25 lignes de 60 signes par page - les espaces étant comptés dans les signes ) sur un sujet que chaque étudiant me propose, selon les modalités indiquées ci-dessous, et que je lui déclare accepter. Le sujet doit entretenir une relation avec le thème du séminaire, du moins avec un aspect de ce thème. Le MM me sera remis exclusivement sous la forme d’un tirage papier, par dépôt au secrétariat ( pour enregistrement par la responsable administrative de l’UFR ), aux dates indiquées ci-après..

Procédure et étapes :

1) D’ici à fin novembre, vous me proposez un thème, exclusivement en m’adressant un mail (alainrenaut@gmail.com), à la fois pour que je puisse enregistrer votre adresse mail et conserver une trace du sujet auquel je donne mon accord, éventuellement par modification légère, si besoin est, de ce que vous me proposez. Ce mail contient aussi : vos noms, prénoms, adresse postale, adresse mail, intitulé du sujet proposé, argumentaire (justification, enjeux) en 5 ou 6 lignes, indication de trois ouvrages dont vous pensez qu’ils vont vous servir ( tous renseignements que je garderai dans un fichier général sur les inscriptions de ces sujets de MM ) : je répondrai dans les 8 jours qui suivront. Je n’accepterai plus de sujets au-delà de cette date du 30 novembre - les étudiants n’ayant pas accompli cette première étape à cette date se trouvant par là même renvoyés à une validation lors de la seconde session ( septembre ), pour laquelle il leur faudra néanmoins avoir convenu d’un sujet avec moi avant ( cette fois ) le 15 mars. Cette première étape, qui ne peut se faire que par mail, est donc indispensable ( je n’accepterai pas de sujet tranmis sur un morceau de papier ou oralement ). Pensez-y assez vite, parce qu’il peut y avoir plusieurs allers-retours de mail ( sujets identiques, sujets mal formulés, ou sans rapport avec le thème du séminaire ). Important : les sujets peuvent être thématiques, ou porter sur un auteur, ou sur un secteur d’application, ou prendre la forme d’une traduction de l’anglais ou de l’allemand. Je vous propose, pour ceux qui veulent faire une traduction de l’anglais, de vous concentrer sur deux types de matériaux :

-  En liaison étroite avec mon thème, un texte de 12 à 18 pages choisi dans un des deux recueils suivants (m’écrire en indiquant les pages choisies, je vous dirai si j’accepte ces pages, pour éviter les chevauchements de traduction) :

1. Current Debates in Global Justice, éd. par Gilliand Brook et Darrel Moellendorf, éd. Springer, 2005 (14 études, dont celles de Thomas Pogge, Charles Beitz, David Miller, Mathias Risse, etc.)

2. World Poverty and Human Rights, éd. par Christian Barry et Thomas Pogge, Cambridge, Polity, 2002 (17 études, dont celles de Thomas Pogge, Allen Buchanan et Robert O Keohane, Darrel Moellendorf, etc.

Un certain nombre de pages de ces volumes et leurs tables des matières sont accessibles en ligne, sur le site de Google-Recherche de livres.

-  En liaison moins directe, mais pour travailler sur un grand auteur classique et parce que nous rencontrerons l’utilitarisme à plusieurs reprises comme une position forte dans les débats sur la justice globale, vous pouvez traduire une dizaine de pages dans Bentham, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, 1780, éd. Bowring, Works of Bentham, tome I, page 1 à 154 - texte susceptible d’être entièrement téléchargeable sur Bokk Google ( articulation utilitariste de l’éthique et de la philosophie politique, de préférence chapitres I à 10, sur les 19 que compte ce livre ). Pour un MM consacré à ce texte, m’écrire un mail, j’indiquerai moi-même les pages que je vous affecte ( pour être équitable, certains passages étant très simples, d’autres très difficiles - et je ne souhaite ici aucun chevauchement ) (c’est difficile, mais exaltant, et il existe une version synthétique de Etienne Dumont, au XIXe siècle, 1829, qui donne une idée du contenu).

D’autres traductions sont évidemment possibles ( notamment à partir de l’allemand ), il faut me les proposer, mais il serait bon de vous concentrer sur les ouvrages et matériaux qui viennent d’être indiqués et illustrent trois dimensions de la problématique de ce séminaire. Bien sûr, ce n’est là qu’un type de MM, tous les autres types d’études restent entièrement possibles. De toute façon, le choix, quel qu’il soit, se fait dans le délai indiqué et de la façon indiquée ( mail ).

2) Le 15 janvier au plus tard, vous déposez au secrétariat un texte, sous la forme d’un tirage papier. Ici, deux cas de figure sont à distinguer :

A) Si ce séminaire est votre séminaire I ( c’est-à-dire si je dirige votre mémoire principal ), il faut remettre le 15 janvier le MM achevé. Le MM doit faire 15 pages au maximum ( de 1500 signes ), je ne lirai pas au-delà de la 15e page, il doit être présenté selon des pages de ce format, je ne lirai pas des mémoires présentés autrement, et vous renverrai à la seconde session (ce sont là les conditions de la production d’un travail de recherche, à quoi ces MM doivent vous préparer) (j’exclus évidemment les MM écrits à la main ). Le MM doit être relié ou agrafé correctement, Il faut faire figurer sur le MM vos noms, prénoms, indication de l’année d’étude (M2), spécialité de Master, titre du séminaire, indication sur le fait que vous validez ainsi votre premier séminaire. Le tout, relié ou agraphé, contient une bibliographie de moins de deux pages. Je noterai ces MM, qui ne vous seront pas rendus ( nous sommes ici soumis à l’obligation d’archivage - comme pour les copies d’examen ). Dans ce cas de figure (MM remis en janvier, comme validation du séminaire I), les crédits de second semestre validant le suivi de la deuxième moitié du séminaire vous seront attribués lors de la soutenance de votre mémoire principal, en juin ou en septembre, après une brève interrogation qui, à la fin de votre soutenance, portera sur une séance précise du second semestre.

B) Si ce séminaire est votre séminaire II ou ( pour les étudiants d’autres spécialités ) III ( c’est-à-dire si je ne dirige pas votre mémoire principal ), il faut déposer le 15 janvier au plus tard un texte qui correspond à une présentation en cinq pages (pages de 1500 signes ) du sujet que j’aurai retenu et dont vous aurez commencé à explorer les contours ( cela correspond à une grosse introduction, avec une esquisse de plan et une bibliographie un peu plus développée qu’en novembre ) : la remise de ce document est indispensable pour valider le suivi du premier semestre de ce séminaire et obtenir les crédits qui y correspondent. Ici seul un tirage papier vaudra remise du travail, parce que je ne peux pas imprimer plusieurs dizaines de textes de ce type. Il ne sert à rien de m’envoyer ces textes par mail : je ne les ouvrirai pas ( sauf pour les étudiants en séjour de type Erasmus à l’étranger, et encore préférerais-je l’envoi postal d’un tirage-papier ). J’attribuerai une note à ces documents, que je vous rendrai à la première séance du second semestre, avec, le cas échéant, des indications pour la poursuite de votre travail, pour son infléchissement ou pour son amélioration si besoin est. Dans ce cas, et dans ce cas seulement ( étudiants inscrits en deuxième ou troisième séminaire ), le 15 mai au plus tard, vous déposez au secrétariat le MM achevé, dans les mêmes conditions indiquées qui ont été indiquées ci-dessus aux étudiants remettant leur MM le 15 janvier ( tirage papier, 15 pages au maximum, etc. : voir plus haut 2, A, la description du mémoire achevé ). Je noterai ces MM, qui ne vous seront pas rendus ( nous sommes ici soumis à l’obligation d’archivage - comme pour les copies d’examen ).

3) Si le premier travail, celui de janvier, n’est pas remis, vous pouvez :

A) si ce séminaire est votre premier séminaire, rendre le MM achevé le 15 septembre au plus tard ( seconde session, avec la même procédure d’interrogation sur le second semestre lors de la soutenance de votre mémoire principal ) ;

B) si ce séminaire n’est pas votre premier séminaire, rendre le MM achevé au plus tard le 15 juin ( première session ) ou le 15 septembre au plus tard ( deuxième session ) : quel que soit votre choix ( première ou deuxième session ), il faudra valider le suivi du premier semestre à la 2e session en remettant avant le 15 septembre un texte de cinq pages prenant la forme, non pas d’une ébauche du MM ( puisqu’il aura été remis, achevé, en mai ou sera remis en septembre ), mais d’une fiche de lecture consacrée (avec mon accord préalable) à un ouvrage de la bibliographie de votre MM ( mêmes conditions formelles qu’en janvier ).

4) Vous pouvez aussi tout remettre à la deuxième session, pour le 15 septembre au plus tard, au secrétariat, càd obligatoirement, dans ce cas, le MM achevé pour valider le 2e semestre et une fiche de lecture du type que je viens d’évoquer pour valider le 1er semestre.

Trois remarques complémentaires :

-  Le recopiage du MM, pour partie ou en totalité, sur internet ou dans un volume écrit, est extrêmement aisé à identifier. Google, wikipedia sont des instruments de travail, mais on n’en recopie rien. Dans les cas de plagiat avéré (cinq l’an dernier au premier semestre ), la note est de 0 sur 20.

-  Attention aux abandons en cours d’année : le taux est très élevé, généralement par renvoi des travaux à remettre au deuxième semestre ( par exemple, on ne remet pas le premier travail ), puis à la deuxième session - avec un gros risque d’abandon durant l’été. Suivre avec rigueur, notamment dans les dates, la procédure indiquée est un moyen de réduire ce risque.

-  Attention aux règles régissant les travaux de recherche : toutes ces règles concernant les notes, la façon de les faire, ce qu’il faut y indiquer, dans quel ordre, ou concernant la bibliographie, la manière de classer les ouvrages, de les indiquer, etc., est impératif. Des indications vous seront ici fournies dans les TD : toute hésitation de votre part peut être surmontée par un geste simple - celui d’ouvrir un des livres dont vous vous servez, et de de procéder exactement comme le fait l’auteur ( les normes sont celles de l’édition française ).

Bon courage !

Alain Renaut


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