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Politiques et éthiques de l’identité

Quelle place accorder aux identités collectives (culturelles ou génériques), aux appartenances, dans la façon dont nous nous représentons nous-mêmes et dont nous nous représentons les autres ? Interrogation d’autant plus délicate qu’entre les deux extrêmes que peuvent constituer la valorisation exclusive de l’arrachement à nos spécificités collectives et un attachement absolu à ce que nous sommes, surgit, au plan éthique comme au plan politique, la question de savoir que faire de nos identités.

La façon dont,depuis la naissance delamodernité, l’être humain s’était représenté le plus souvent sa dignité avait consisté à faire référence à ce par quoi nous sommes, non des objets, mais ce que les philosophes appellent des « sujets » : des êtres se représentant eux-mêmes, illusoirement ou non, comme les auteurs de leurs actes et de leurs représentations. A partir de cette représentation, centrale dans l’humanisme moderne, de l’homme comme sujet ou comme fondement de ses actes et de ses représentations, il était inévitable d’en venir s’interroger sur l’identité ou les identités dans lesquelles chacun se reconnaît : être sujet, et non pas objet, « pour soi », comme disait Sartre, et non pas « en soi » ( comme la chose ), c’est en effet s’apparaître à soi-même comme tel ou tel, être conscient de soi-même comme tel ou tel. Non pas coïncider avec ce que l’on est, comme une pierre, mais néanmoins s’apparaître à soi-même, pour soi-même, comme tel ou tel, comme tel et tel, faire le projet d’être ceci plutôt que cela, se choisir comme assumant plus ou moins fortement telle part de son identité.

A partir de cette articulation complexe entre subjectivité et identité, le séminaire travaillera sur quelques grands moments de cette problématique de l’identité, aussi bien à partir du conflit entre Lumières et Romantisme qu’à travers les politiques contemporaines de la reconnaissance, les éthiques de l’authenticité ou les débats sur les droits culturels. Les diverses figures du féminisme seront également sollicitées, pour la façon dont elles confrontent différentes conceptions de l’identité générique.

Indications sur la validation du Séminaire de M1

Le séminaire se valide par un mini-mémoire (MM) de 10 à 15 feuillets ( pages de 1500 signes, soit 25 lignes de 60 signes par page - les espaces étant comptés dans les signes ) sur un sujet que chaque étudiant me propose, selon les modaliéts indiquées ci-dessous, et que je lui déclare accepter. Le sujet doit entretenir une relation avec le thème du séminaire, du moins avec un aspect de ce thème. Le MM me sera remis exclusivement sous la forme d’un tirage papier, par dépôt au secrétariat ( pour enregistrement par la responsable administrative de l’UFR ), aux dates indiquées ci-après..

Procédure et étapes :

1) D’ici à fin novembre, vous me proposez un thème, exclusivement en m’adressant un mail (alainrenaut@gmail.com), à la fois pour que je puisse enregistrer votre adresse mail et conserver une trace du sujet auquel je donne mon accord, éventuellement par modification légère, si besoin est, de ce que vous me proposez. Ce mail contient aussi : vos noms, prénoms, adresse postale, adresse mail, intitulé du sujet proposé, argumentaire (justification, enjeux) en 5 ou 6 lignes, indication de trois ouvrages dont vous pensez qu’ils vont vous servir ( tous renseignements que je garderai dans un fichier général sur les inscriptions de ces sujets de MM ) : je répondrai dans les 8 jours qui suivront. Je n’accepterai plus de sujets au-delà de cette date du 30 novembre - les étudiants n’ayant pas accompli cette première étape à cette date se trouvant par là même renvoyés à une validation lors de la seconde session ( septembre ), pour laquelle il leur faudra néanmoins avoir convenu d’un sujet avec moi avant ( cette fois ) le 15 mars. Cette première étape, qui ne peut se faire que par mail, est donc indispensable ( je n’accepterai pas de sujet transmis sur un morceau de papier ou oralement ). Pensez-y assez vite, parce qu’il peut y avoir plusieurs allers-retours de mail ( sujets identiques, sujets mal formulés, ou sans rapport avec le thème du séminaire ). Important : les sujets peuvent être thématiques, ou porter sur un auteur, ou sur un secteur d’application, ou prendre la forme d’une traduction de l’anglais ou de l’allemand. Je vous propose, pour ceux qui veulent faire une traduction de l’anglais, de vous concentrer sur deux ouvrages entretenant des relations plus ou moins étroites avec le thème de ce séminaire :

-  En liaison étroite avec mon thème et pour la question de l’identité nationale, choisissez un chapitre dans le livre cité de Yael Tamir, Liberal Nationalism, Princeton University Press, 206 pages, dont les soixante premières sont consultables sur le site books.google.com, ce qui peut vous en donner une idée) (m’écrire en indiquant les pages choisies, je vous dirai si j’accepte ces pages, pour éviter les chevauchements de traduction) .
-  En liaison moins directe, mais pour travailler sur un grand auteur classique et parce que nous rencontrerons l’utilitarisme à plusieurs reprises, vous pouvez traduire une dizaine de pages dans Bentham, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, 1780, éd. Bowring, Works of Bentham, tome I, page 1 à 154 - texte susceptible d’être entièrement téléchargeable sur Bokk Google ( articulation utilitariste de l’éthique et de la philosophie politique, de préférence chapitres I à 10, sur les 19 que compte ce livre ). Pour un MM consacré à ce texte, m’écrire un mail, j’indiquerai moi-même les pages que je vous affecte ( pour être équitable, certains passages étant très simples, d’autres très difficiles - et je ne souhaite ici aucun chevauchement ) (c’est difficile, mais exaltant, et il existe une version synthétique de Etienne Dumont, au XIXe siècle, 1829, qui donne une idée du contenu).

Je n’accepterai pas d’autres traductions, sauf pour ceux qui voudraient traduire à partir de l’allemand, et qui peuvent me proposer tel ou tel texte, mais il serait bon de vous concentrer sur ces ouvrages qui illustrent deux types de compétences, classiques et contemporaines, requises dans le suivi de ce séminaire. Bien sûr, ce n’est là qu’un type de MM, tous les autres types d’études restent entièrement possibles, en relation avec le thème du séminaire. De toute façon, le choix, quel qu’il soit, se fait dans le délai indiqué et de la façon indiquée ( mail ).

2) Le 15 janvier au plus tard, vous déposez au secrétariat un texte, sous la forme d’un tirage papier, qui correspond à une présentation en cinq pages (pages de 1500 signes ) du sujet que j’aurai retenu et dont vous aurez commencé à explorer les contours ( cela correspond à une grosse introduction, avec une esquisse de plan et une bibliographie un peu plus développée qu’en novembre ) : la remise de ce document est indispensable pour valider le suivi du premier semestre de ce séminaire et obtenir les crédits qui y correspondent. Ici seul un tirage papier vaudra remise du travail, parce que je ne peux pas imprimer plusieurs dizaines de textes de ce type. Il ne sert à rien de m’envoyer ces textes par mail : je ne les ouvrirai pas ( sauf pour les étudiants en séjour de type Erasmus à l’étranger, et encore préférerais-je l’envoi postal d’un tirage-papier ). J’attribuerai une note à ces documents, que je vous rendrai à la première séance du second semestre, avec, le cas échéant, des indications pour la poursuite de votre travail, pour son infléchissement ou pour son amélioration si besoin est.

3) Le 15 mai au plus tard, vous déposez au secrétariat le MM achevé, dans les mêmes conditions ( tirage papier, etc. ). Le MM doit faire 15 pages au maximum ( de 1500 signes ), je ne lirai pas au-delà de la 15 e page, il doit être présenté selon des pages de ce format, je ne lirai pas des mémoires présentés autrement, et vous renverrai à la seconde session (ce sont là les conditions de la production d’un travail de recherche, à quoi ces MM doivent vous préparer) (j’exclus évidemment les MM écrits à la main ). Le MM doit être relié ou agrafé correctement, Il faut faire figurer sur le MM ( et cela, déjà en janvier ) vos noms, prénoms, indication de l’année d’étude (M1), spécialité de Master, titre du séminaire, indication sur le fait que vous validez ainsi votre premier séminaire ou votre deuxième, voire votre troisième (pour certaines spécialités) séminaire (ceci permet surtout de confirmer si vous êtes en philosophie politique/éthique ou dans une autre spécialité). Le tout, relié ou agraphé, contient une bibliographie de moins de deux pages. Je noterai ces MM, qui ne vous seront pas rendus ( nous sommes ici soumis à l’obligation d’archivage - comme pour les copies d’examen ).

4) Si le premier travail, celui de janvier, n’est pas remis, vous pouvez tout de même remettre le MM le 15 mai - mais dans ce cas il faudra valider le premier semestre à la 2e session en remettant avant le 15 septembre un texte de même longueur ( 5 pages ) prenant la forme, non pas d’une ébauche du MM ( puisqu’il aura été remis en mai ), mais d’une fiche de lecture consacrée (avec mon accord préalable) à un ouvrage de la bibliographie de votre MM ( mêmes conditions formelles qu’en janvier ).

5) Vous pouvez aussi tout remettre à la deuxième session, pour le 15 septembre au plus tard, au secrétariat, càd obligatoirement, dans le cas, le MM achevé pour valider le 2e semestre et une fiche de lecture du type que je viens d’évoquer pour valider le 1er semestre.

Trois remarques complémentaires :

-  Le recopiage du MM, pour partie ou en totalité, sur internet ou dans un volume écrit, est extrêmement aisé à identifier. Google, wikipedia sont des instruments de travail, mais on n’en recopie rien. Dans les cas de plagiat avéré (cinq l’an dernier au premier semestre ), la note est de 0 sur 20.

-  Attention aux abandons en cours d’année : le taux est très élevé, généralement par renvoi des travaux à remettre au deuxième semestre ( par exemple, on ne remet pas le premier travail ), puis à la deuxième session - avec un gros risque d’abandon durant l’été. Suivre avec rigueur, notamment dans les dates, la procédure indiquée est un moyen de réduire ce risque.

-  Attention aux règles régissant les travaux de recherche : toutes ces règles concernant les notes, la façon de les faire, ce qu’il faut y indiquer, dans quel ordre, ou concernant la bibliographie, la manière de classer les ouvrages, de les indiquer, etc., est impératif. Des indications vous seront ici fournies dans les TD : toute hésitation de votre part peut être surmontée par un geste simple - celui d’ouvrir un des livres dont vous vous servez, et de de procéder exactement comme le fait l’auteur ( les normes sont celles de l’édition française ).

Bon courage !


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