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Séminaire d’Alain Renaut en Master 1

INDIVIDU ET COMMUNAUTÉ : COMMENT TRAITER DEMOCRATIQUEMENT LA DIVERSITÉ ?

Entre le libéralisme politique, qui ne reconnaît pour seul sujet de droit que l’individu, et le communautarisme, qui ouvre sur l’attribution de droits collectifs, la question de la diversité devient cruciale pour les démocraties. Y compris pour les démocraties républicaines qui se sont construites sur le pari de défendre un universalisme faisant publiquement abstraction des différences. Confrontés à des mouvements sociaux animés par la revendication d’un traitement plus juste des minorités, aussi bien le libéralisme politique que le républicanisme doivent, contre la montée des communautarismes, élaborer des réponses évitant deux écueils :
- Valider les excès de l’individualisme moderne (souci exclusif des bonheurs privés, montée des incivilités, perte des références communes) : tous excès que le communautarisme a rattachés, à tort ou à raison, aux illusions d’une modernité choisissant de fonder la société sur l’adhésion des volontés à de purs principes juridiques de coexistence ;

- Renoncer au modèle contractuel qu’illustrait la conception libérale de la société comme lieu neutre où les individus échangent biens et services dans le respect du droit, prendre acte de la façon dont l’individualité est traversée par des normes collectives qui la précèdent : option qui peut conduire alors à considérer que ces normes émanent des communautés (de culture, de sexe ou de « genre ») auxquelles l’individu appartient.

Parce que le communautarisme fragilise la valeur de l’individu au profit de celle du groupe, il apporte une mauvaise solution à un vrai problème : celui de savoir comment l’Etat démocratique peut répondre aux besoins de reconnaissance de plus en plus forts dans une société atomisée où chacun trouve dans les liens qui le solidarisent avec d’autres autour d’une identité distinctive une dimension de ce qu’il est.

Conçu comme un séminaire de formation, le séminaire partira de rappels sur la première phase de ce conflit, à savoir le débat entre les Lumières et le romantisme sur la question de l’universalisme et du différentialisme culturels. Il s’attachera ensuite aux apports de Rawls, Dworkin, Habermas, Honneth, Kymlicka, Sandel, Taylor à cette problématique. A la faveur d’une ou deux collaborations avec d’autres intervenants, une place sera réservée aux courants francophones qui ont apporté un éclairage spécifique à cette question de la diversité, à travers les noms d’Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor ou Edouard Glissant. Les étudiants suivant ce séminaire sont invités, s’ils le souhaitent, à participer, sur inscription, aux deux journées de recherche sur « Colonialisme, décolonisation, âge post-colonial », qui aborderont cette problématique sous l’angle de la philosophie politique appliquée ( programme affiché prochainement sur Rationalités contemporaines ).

Instrument de travail : A. Renaut ( dir. ), P. Savidan et P.-H. Tavoillot ( coord. ), Histoire de la philosophie politique, 5 tomes, Calmann-Lévy, 1999, notamment tomes III ( Lumières et romantismes ) et V ( Les philosophies politiques contemporaines ).

Le séminaire a lieu tous les quinze jours, dans l’amphithéâtre Cauchy, de 18 à 20 heures, à partir du jeudi 12 octobre. Autres dates du premier semestre : 26/10, 9/11, 23/11, 7/12, 21/12. Second semestre : la première séance aura lieu le jeudi 15 février ( puis : 8/3, 22/3, 5/4, 3/5, 23/5).


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