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"L’argument de l’ignorance" avec Robert Almeder

Premier Jet (nov. 15, 2004) L’ARGUMENT DE L’IGNORANCE

RESUME

L’ARGUMENT CANONIQUE EN FAVEUR DU SCEPTICISME A PROPOS DE LA

CONNAISSANCE DU MONDE S’APPELLE L’ARGUMENT DE L’IGNORANCE

(DESORMAIS : LE AI). CET ARGUMENT N’EST PAS VALIDE PARCE QUE

LA PREUVE HABITUELLEMENT DONNEE POUR LA PREMIERE PREMISSE

PRESUME SANS JUSTIFICATION QUE POUR OBTENIR LA CONNAISSANCE

DU MONDE EXTERNE, IL NOUS FAUT ELIMINER MEME LA POSSIBILITE

LOGIQUE DE L’ERREUR ASSOCIE AVEC CHAQUE PHRASE AFFIRMEE

COMME UN EXEMPLE DE LA CONNAISSANCE. AU FOND, LA RAISON

POUR LAQUELLE NOUS NE DEVONS PAS ACCEPTER CETTE CONDITION COMME

UNE CONDITION NECESSAIRE POUR LA CONNAISANCE DU MONDE EST

SIMPLEMENT QUE L’IMPOSITION DE CETTE CONDITION EST ARBITRAIRE ET

NE REFLETE PAS L’USAGE COMMUN, NI L’USAGE SCIENTIFIQUE. EN EFFETE

NORMALEMENT LE VERBE "SAVOIR" S’UTILISE CORRECTEMENT MEME

QUAND IL Y A UNE POSSIBILITE LOGIQUE QUE CE QU’ON AFFIRME ETRE LE

CAS N’EST PAS LE CAS. APRES TOUT, JE SAIS QUE J’ AI EU UNE MERE

BIOLOGIQUE, TOUT COMME JE SAIS QUE LES CHATS NE POUSSENT PAS DES

ARBRES. BREF, LA CONDITION IMPOSEE EST UN PETITIO PRINCIPE CONTRE

CEUX QUI AFFIRMENT QUE NOUS AVONS LA CONNAISSANCE POUR LAQUELLE

IL N’EST PAS NECESSAIRE QUE NOUS ELIMINIONS LA POSSIBILITE LOGIQUE DE

L’ERREUR. DE PLUS, FONDAMENTALEMENT LES SCEPTIQUES IMPOSENT CETTE

CONDITION PARCE QU’ ILS PENSENT QUE LE SEULE CRITERE POUR LA

CERTITUDE NECESSAIRE POUR LA CONNAISSANCE EST LE CARACTERE

INIMAGINABLE DE LA VERITE DE CE QU’ON AFFIRME DANS TOUS LES UNIVERS

IMAGINABLES. MALHEUREUSEMENT, ON N’A PAS DES BONNES RAISONS

D’ACCEPTER CE CRITERE AU LIEU DU CRITERE QUI AFFIRME QUE LE SEUL

CRITERE NECESSAIRE POUR LA CERTITUDE ASSOCIE A LA CONNAISSANCE

DU MONDE EST LA TRES HAUTE PROBABILITE QUE LA PHRASE EN QUESTION

SOIT VRAI RELATIVEMENT A LA PREUVE TOTALE DISPONIBLE ET ACCESSIBLE

A TOUS LES CHERCHEURS SERIEUX.

PLUS PRECISEMENT, IL Y A DEUX SENS DE "SAVOIR". LE PREMIER

SENS EST LE PLUS FORT ET IL REQUIERT POUR UNE JUSTIFICATION

EPISTEMIQUE SUFFISANTE UN TYPE DE CERTITUDE QUI EST INCONSISTANT

MEME AVEC LA POSSIBILITE LOGIQUE D’ERREUR. EN CE SENS,

PAR EXEMPLE, JE SAIS QUE "7 & 5 =12", MAIS DANS LE MEME SENS JE NE

SAURAIS PAS QUE J’AI EU UNE MERE BIOLOGIQUE. EN REVANCHE, LE

DEUXIEME SENS DE "SAVOIR" EST MOINS FORT ET IL REQUIERT POUR UNE

JUSTIFICATION EPISTEMIQUE SUFFISANTE UN TYPE DE CERTITUDE QUI EST

CONSISTANT AVEC LA POSSIBILITE LOGIQUE D’ERREUR. DANS LE DEUXIEME

SENS, PAR EXEMPLE, JE SAIS QUE J’AI EU UNE MERE BIOLOGIQUE. CEUX QUI

ACCEPTENT LA PREMIERE PREMISSE DU AI PENSENT QUE LE PREMIER

SENS DE "SAVOIR" EST SON SEUL SENS SANS DONNER UNE PREUVE

MONTRANT QUE NOUS DEVONS L’ACCEPTER AU LIEU DE DEUXIEME

SENS. D’AILLEURS, IL Y A PLUS DE RAISON D’ACCEPTER LE DEUXIEME

SENS ET EN MEME TEMPS DE REJETER LE PREMIER SENS COMME UN SENS

VIDE A PROPOS DE LA CONNAISANCE DU MONDE MATERIEL PARCE QU’ IL EST TOUJOURS POSSIBLE D’AVOIR LES CROYANCES FAUSSES

MATHEMATIQUES OR LOGIQUES, N’IMPORT COMBIEN D’PREUVE

QUE ON PUISSE AVOIR, ET A LA FOIS SENTIR QU’ON

ATTENDRAIT UNE CERTITUDE DANS LAQUELLE L’ERREUR N’EST PAS

POSSIBLE MEME LOGIQUEMENT.

MA MOTIVATION POUR PROPOSER CET ARGUMENT CONTRAIRE

AU AI EST SIMPLEMENT QU’A L’HEURE ACTUELLE, BEAUCOUP DE

PHILOSOPHES AUX ETATS UNIS, ET EN ANGLETERRE, ET

AILLEURS ---- "LES NOVEAUX CONTEXTUALISTES " ----- AFFIRMENT

FORTEMENT QUE L’ARGUMENT DE L’IGNORANCE EST VALIDE. EN FAIT,

PRESQUE TOUS LES CONTEXTUALISTES CONTEMPORAINS

ACTUELLEMENT PENSENT QUE LE AI EST VALIDE. CEPENDANT, ILS

AFFIRMENT, POUR CERTAINES RAISONS QUE NOUS ALLONS VOIR BIENTOT,

QU’ IL Y A ENCORE UNE CONNAISSANCE DU MONDE EXTERNE. AUJOURD’HUI

CETTE SOLUTION AU PROBLEME DU SCEPTICISME EST TRES POPULAIRE.

MAIS, ON PEUT RAISONABLEMENT SUPPOSER QUE SI LE AI N’EST PAS

VALIDE, L’ARGUMENT EN FAVEUR DE SOLUTION AFFIRMEE PAR LES

CONTEXTUALISTES N’EST PAS CONVAINCANT. DE PLUS, INDEPANDEMENT

DE LA SOLUTION PROPOSEE PAR LES CONTEXTUALISTES, BEAUCOUP

D’AUTRES PHILOSOPHES QUI NE SONT PAS CONTEXTUALISTES ACCEPTENT

QUAND MEME LE AI.

II L’ARGUMENT DES CERVEAUX-EN-CUVE

P1. JE NE SAIS PAS QUE JE NE SUIS PAS UN CERVEAU-EN-CUVE.

P2. SI JE NE SAIS PAS QUE JE NE SUIS PAS UN CERVEAU-EN-CUVE, JE NE SAIS PAS QUE J’AI DES MAINS

DONC : JE NE SAIS PAS QUE J’AI DES MAINS

POURQUOI DOIT ON AFFIRMER CETTE PREMIERE PREMISSE ?

POUR QUELLE RAISON DOIT ON ACCEPTER LA PREMIERE PREMISSE ?

APRES TOUT, IL APPARAIT COMME UNE QUESTION DU SENS

COMMUNE QUE JE NE SUIS PAS UN CERVEAU-EN-CUVE, PARCE QUE D’ABORD

JE N’AI PAS DE BONNE RAISON DE PENSER AUTREMENT. MAIS LE

SCEPTIQUE ARGUMENTERA AINSI EN FAVEUR DE LA PREMIERE PREMISSE :

EST-IL POSSIBLE QUE NOUS SOYONS DES CERVEAUX EN UNE CUVE

DES NUTRIMENTS REMUES PAR UN MAITRE DE LA CUVE, UN MAITRE QUI

HABILEMENT STIMULE LES CERVEAUX POUR QU’ILS AURIENT EUS TOUS LES

MEMES EXPERIENCES QUE CELLES ILS AURIENT EU S’ILS N’AVIENT PAS ETE

DES CERVEAUX EN UNE CUVE MAIS PLUTOT QUE DES CERVEAUX SITUES

DANS LES CORPS DES INDIVIDUES DONT LES EXPERIENCES SENSIBLES ONT

ETE CAUSEES DIRECTEMENT PAR LES OBJETS MATERIELS DU MONDE

EXTERNE ? SUREMENT, IL N’Y A RIEN D’ IMPOSSIBLE LOGIQUEMENT ICI.

AVEC CETTE POSSIBILITE NOUS N’AVONS PAS DU TOUT UNE

CONTRADICTION LOGIQUE.

DE PLUS, SUREMENT, SI NOUS AVIONS ETE DES CERVEAUX EN UNE

CUVE, EX HYPOTHESE, NOUS AURIONS EU LES MEMES EXPERIENCES

SENSIBLES QUE CELLES QUE NOUS AURIONS EUES SI NOUS N’ETIONS PAS DES

CERVEAUX EN UNE CUVE ? MAIS, AU LIEU DE CELA, DES PERSONNES

ORDINAIRES DONT LES EXPERIENCES SENSIBLES DERIVENT DU MONDE

EXTERNE, DES OBJETS PERCUS PAR LES SENS EXTERNES. BIEN SUR, CET

ARGUMENT SUPPOSE QUE NOS EXPERIENCES SENSIBLES POURRAIENT ETRE

EXACTEMENT REPRODUITES CHIMIQUEMENT DE LE MEME FACON QUE LES

EXPERIENCES D’ HALLUCINATIONS PEUVENT ETRE PRODUITES PAR LES

SCIENTIFIQUES EN UTILISANT DES SUBSTANCES CHIMIQUES. SOUS CETTE

SUPPOSITION IL EST BIEN POSSIBLE QU’ UN MAITRE DE LA CUVE (UN MAITRE

TRES ADROIT) PUISSE PRODUIRE DANS LES CERVEAUX LES MEMES

SENSATIONS DU MONDE EXTERNE QUE CELLES QU’ON PEUT AVOIR SANS ETRE

UN CERVEAU-EN-CUVE ; ET PUISQUE LES EXPERIENCES DES CERVEAUX-EN-

CUVE SERAIENT LES MEMES QUE LES AUTRES, IL NE SERAIT PAS POSSIBLE

POUR NOUS DE DETERMINER SI NOTRE EXPERIENCE SENSIBLE EST UNE

EXPERIENCE VERITABLE DU MONDE EXTERNE OU UNE EXPERIENCE

HALLUCINATOIRE. DE PLUS, SI JE NE PEUX PAS DETERMINER SI MES

EXPERIENCES SENSIBLES SONT DES EXPERIENCES DU MONDE EXTERNE OU

DES HALLUCINATIONS, IL S’ EN SUIT AUSSI QUE JE NE SAIS PAS QUE JE NE

SUIS PAS UN CERVEAU EN UNE CUVE. IL S’EN SUIT AUSSI QUE SI JE NE SAIS

RIEN A PROPOS DU MONDE EXTERNE ; JE NE SAIS PAS, PAR EXEMPLE, QUE J’AI

DEUX MAINS. ALORS, PARCE QUE JE NE SAIS PAS QUE JE NE SUIS PAS UN

CERVEAU EN UNE CUVE JE NE SAIS PAS QUE J’AI DEUX MAINS. QU’Y A- T- IL

DE PLUS CLAIR ?

III. L’ARGUMENT DU REVE

REMARQUEZ, AU FAIT, LA SIMILITUDE ENTRE L’ARGUMENT DES

CERVEAUX-EN-CUVE ET L’ARGUMENT DE REVE PROPOSE PAR DESCARTES

DANS LE PREMIERE MEDITATION. DANS CET ARGUMENT DESCARTES DISAIT

QUE PARCE QU’IL N’A PAS UN BON CRITERE POUR DISTINGUER ENTRE ETRE

EN REVE VIVANT ET DEDANS EN REVANT ETRE REVEILLE, ET ETRE

COMPLETEMENT REVEILLE A PART LE REVE, IL NE PEUT PAS SAVOIR SI SES

CROYANCES PORTENT SUR LES OBJETS MATERIELS DU MONDE EXTERNE OU

PEUT ETRE SUR LE MONDE DES REVES DE LEQUEL IL POURRAIT

SOUDAINEMENT REVEILLER. DONNE CET ARGUMENT, DESCARTES

CONCLUAIT QUE, SUR LA BASE DE SES EXPERIENCES SENSIBLES SEULEMENT,

IL NE PEUT RIEN SAVOIR DU TOUT DU MONDE EXTERNE CAR IL EST TOUJOURS

POSSIBLE LOGIQUEMENT QUE LA TOTALITE DES SES CROYANCES PORTE SUR

DES OBJETS INTERNES SEULEMENT ET PAS DES OBJETS EXTERNES. ALORS, IL

CONCLUT QU’IL NE SAIT REIN DU TOUT DU MONDE EXTERNE. A TITRE

D’EXEMPLE, NOUS POURRIONS ACCEPTER CES DEUX ARGUMENTS COMME

AYANT LA MEME STRUCTURE BIEN SUR. EN TOUT CAS, APRES PLATON,

DESCARTES ETAIT LE PREMIER PHILOSOPHE QUI AFFIRMAIT QUE SI NOUS NE

POUVONS PAS ELIMINER LA POSSIBILITE LOGIQUE D’ERREUR QUE NOS

CROYANCES SUR LE MONDE EXTERNE MATERIEL SOIENT ERRONEES,

NOUS NE POUVONS RIEN SAVOIR REIN DU TOUT DU MONDE EXTERNE.

A MON AVIS DESCARTES NOUS A OFFERT UN ARGUMENT PLUS PERCUTANT

ET CONVAINCANT QUE L’ARGUMENT QUE PLATON A PRESENTE EN FAVEUR

DE LA MEME CONCLUSION. MAIS, COMME ON LE VERRA UN PEU PLUS TARD,

L’ARGUMENT CARTESIEN, COMME L’ARGUMENT DES CERVEAUX-EN-

CUVE, N’EST PAS VALIDE POUR LA MEME RAISON QUE L’ARGUMENT DE

L’IGNORANCE N’EST PAS VALIDE.

III L’OBJECTION LA PLUS POPULAIRE A L’ARGUMENT DES CERVEAUX-EN-CUVE

L’OBJECTION LA PLUS POPULAIRE A L’ARGUMENT DES CERVEAUX-

EN-CUVE ET AUSSI A L’ARGUMENT-DU-REVE EST SIMPLEMENT QUE CES

ARGUMENTS MONTRENT SEULEMENT QU’IL EST POSSIBLE LOGIQUEMENT QUE

MES SENS M’INDUISENT EN ERREUR SANS QUE JE LE SACHE, MAIS CELA

EN-SOI NE SUFFIT PAS POUR JUSTIFIER LA CROYANCE QUE LES SENS NOUS

TROMPENT DANS TOUS LES CAS. A REPETER CE QUE JOHN AUSTIN A

DIT "NOS SENS PEUVENT NOS INDUIRE EN ERREUR, MAIS PAS TOUT LE

TEMPS." EN REPONSE, CEPENDANT, LES SCEPTIQUES QUI ACCEPTENT

L’ARGUMENT DES CERVEAUX-EN-CUVE, DISENT D’HABITUDE QU’APRES

REFLEXION SUR L’ARGUMENT DES CERVEAUX-EN-CUVE, LA POSSIBILITE DE

L’ERREUR EN QUESTION EN TOUT CAS SUFFIT A MONTRER QUE JE NE

SAIS PAS QUE JE NE SUIS PAS UN CERVEAU-EN-CUVE PARCE QUE SI J’AVAIS

ETE UN CERVEAU-EN-CUVE MES EXPERIENCES SENSIBLES NE POURRAIENT

PAS ETRE DIFFERENTES DE CELLES QUE J’AURAIS EUES SI JE N’AVAIS

PAS ETE UN CERVEAU-EN-CUVE ET, PAR CONSEQUENT, MES EXPERIENCES

SENSIBLES NE POURRAIENT PAS DONNER PLUS DE PREUVE POUR PENSER

QUE JE NE SUIS PAS UN CERVEAU-EN-CUVE QUE POUR PENSER QUE J’EN SUIS

UN. BREF, DU POINT DE VUE DE CEUX QUI ACCEPTENT L’ARGUMENT DES

CERVEAUX-EN-CUVE, POUR QUE JE SACHE QUE JE NE SUIS

PAS UN CERVEAU EN UNE CUVE IL ME FAUT ELIMINER TOUS LES POSSIBILITES

QUE JE SUIS UN CERVEAU EN CUVE. OR CELA EST PRECISEMENT CE QUE

L’ARGUMENT AFFIRME ETRE IMPOSSIBLE PARCE QUE LA PREUVE QUE JE

DONNERAIS POUR MONTRER QUE JE NE SUIS PAS UN CERVEAU- EN-CUVE EST

PRECISEMENT LA MEME QUE CELLE JE DONNERAIS SI J’ETAIS UN CERVEAU-

EN-CUVE TOUT EN NIANT QUE J’EN SOIS UN.

IV. L ARGUMENT DE L’IGNORANCE

KEITH DEROSE, AVEC TOUS LES AUTRES CONTEXTUALISTES (REF. ETRE

REMPLIR) CONCLUAIENT QUE EN TOUT CAS L’ARGUMENT DES CERVEAUX-

EN-CUVE EST UN EXEMPLE D’UN ARGUMENT PLUS GENERAL, UN

ARGUMENT PLUS RECENT QUI S’APPELLE L’ARGUMENT DE L’IGNORANCE.

CET ARGUMENT PREND LA FORME SUIVANTE :

P1. JE NE SAIS PAS QUE H. P2. SI JE NE SAIS PAS QUE H, JE NE SAIS PAS QUE O

DONC : JE NE SAIS PAS QUE O

SUBSTITUONS A H = "JE SUIS UN CERVEAU-EN-CUVE" (OU

UNE PHRASE DEMONSTRATIVE A PROPOS DU MONDE MATERIEL ET QUI

AFFIRME QUELQUE AU SUJECT DU MONDE, N’IMPORT QUOI) ET SUBSTITUONS

A O ="J’AI DES MAINS". ( OU UNE PHRASE DEMONSTRATIVE A PROPOS DU

MONDE MATERIEL ET QUI AFFIRME QUELQUE CHOSE QUE TOUT LE MONDE

ACCEPTE SANS COMMENTAIRE COMME MANIFESTEMENT VRAI, PAR EXEMPLE

"J’AI DES MAINS" OU "J’ AI EU UNE MERE BIOLOGIQUE." OU "LES CHATS NE

POUSSENT PAS SUR LES ARBES". LA SUBSTITUTION PRODUIT :

P1. JE NE SAIS PAS QUE JE NE SUIS PAS UN CERVEAU-EN-CUVE

P2. SI JE NE SAIS PAS QUE JE NE SUIS PAS UN CERVEAU-EN-CUVE, JE NE SAIS PAS QUE J’AI DES MAINS

DONC : JE NE SAIS PAS QUE J’AI DES MAINS.

BIEN SUR, IL EST FACILE DE SUBSTITUER POUR OBTENIR D’ AUTRES

EXEMPLES :

P1. JE NE SAIS PAS QUE JE NE REVE PAS QUE JE SUIS REVEILLE AU LIEU D’ETRE REVEILLE.

P2. SI JE NE SAIS PAS QUE JE NE REVE PAS QUE JE SUIS REVEILLE AU LIEU D’ETRE REVEILLE, JE NE SAIS RIEN DU TOUT A PROPOS DU MONDE EXTERNE.

DONC : JE NE SAIS RIEN DU TOUT A PROPOS DU MONDE EXTERNE

EN TOUT CAS, TOUS LES CONTEXTUALISTES (AVEC BEAUCOUP D’ AUTRES )

ACCEPTENT COMME VALIDE L’ARGUMENT DE L’IGNORANCE. MAIS APRES

CETTE ACCEPTATION LES CONTEXTUALISTS AFFIRMENT QUE L’ARGUMENT

EST VALIDE MAIS CETTE ACCEPTATION S’APPLIQUE SEULEMENT DANS UN

CONTEXTE QUI REQUIERT UN NIVEAU DE JUSTIFICATION EPISTEMIQUE TRES

HAUT. DANS LES AUTRES CONTEXTES, PAR EXEMPLE QUAND LA POSSIBILITE

DE L’ERREUR N’EST PAS SERIEUSE ET DANS LESQUELLES DE MOINS EN MOINS

D’ PREUVE S’REQUIT POUR FAIRE UN’ ACCEPTABLE JUSTIFICATION

POUR CE QU’ ON AFFIRME, L’ARGUMENT DE L’IGNORANC NE S’APPLIQUE PAS.

DANS CETTE FACON LES CONTEXTUALISTES PEUVENT ACCEPTER L’ARGUMENT

DE L’IGNORANCE COMME VALIDE ET EN MEME TEMPS LE REJETER QUAND

LE CONTEXTE D’AFFIRMATION NE REQUIERT PAS BEAUCOUP DE PREUVES. ALORS LORSQUE JE DISCUTE AVEC DES AMIS APRES LE DINER, PAR EXEMPLE, JE SAIS QUE J’AI DES MAINS. MAIS SI SOUDAINEMENT DES

PHILOSOPHES ARRIVENT POUR DISCUTER LE PROBLEME DU MONDE EXTERNE,

JE NE SAIS PLUS QUE J’AI DES MAINS. IL Y A BEAUCOUP DES CHOSES

QU’ON PEUT DIRE DE LA STRATEGIE DES CONTEXTUALISTES UTILISENT POUR

EVITER LE SCEPTICISM MONDIALE, ET A LA FOIS ACCEPTER L’ARGUMENT

DE L’IGNORANCE COMME VALIDE. MAIS MAINTENANT NOUS POUVONS

NOUS CONCENTRER SUR L’AFFIRMATION QUE L’ARGUMENT DE

L’IGNORANCE EST VALIDE.

V. LA PREMIERE PREMISSE EST FAUSSE

NOUS AVONS VU QUE LA RAISON POUR LAQUELLE LES SCEPTIQUES

ACCEPTENT LA PREMIERE PREMISSE DE L’ARGUMENT DE L’IGNORANCE

EST SIMPLEMENT QU’ILS AFFIRMENT QUE DANS LE CADRE DE L’ARGUMENT

DES CERVEAUX-EN-CUVE NOUS NE POUVONS PAS EXCLURE LA POSSIBILITE

QUE NOUS SOYONS DES CERVEAUX-EN-CUVE ET AVEC CETTE POSSIBILITE

NOUS NE POUVONS PAS SAVOIR QUE NOUS NE SOMMES PAS DES CERVEAUX-

EN-CUVE. IL NOUS FAUT EXCLURE CETTE POSSIBILITE. AUTREMENT, NOUS

N’AURIONS PAS ELIMINE LA POSSIBILITE QUE NOUS AVIONS TORT A PROPOS

DE NOTRE CROYANCE QUE NOUS SAVONS QUELQUE CHOSE A PROPOS DU

MONDE MATERIEL. ALORS, JUSQU’A CE QUE NOUS AYONS EXCLU LA

POSSIBILITE DE L’ERREUR NOUS NE POUVONS RIEN SAVOIR DU TOUT SUR LE

MONDE EXTERNE.

REMARQUEZ, AU FAIT, QUE LA POSSIBILITE EN QUESTION D’ETRE UN

CERVEAU-EN-CUVE N’EST QU’UNE POSSIBILITE LOGIQUE. IL N’Y A PAS DE

RAISON DE PENSER QU’IL Y A UNE PROBABILITE QUE JE SOIS UN

CERVEAU-EN-CUVE. CELA VEUT DIRE QU’IL NOUS FAUT ELIMINER TOUTES

LES POSSIBILITES LOGIQUES D’ERREUR POUR ATTEINDRE UNE CONAISSANCE

DU MONDE. AUTREMENT IL N’ AURAIT PAS DE RAISON D’ACCEPTER LA

PREMIERE PREMISSE DE L’ARGUMENT DE L’IGNORANCE, PARCE QU’IL EST

LA POSSIBILITE D’ETRE UN CERVEAU-EN-CUVE QUI FAIT POUR LA

IMPOSSIBILITE QUE EN FIN NOUS POUVONS FAIRE UNE PREUVE OU MONTRE

QUE NOUS NE SOMMES PAS DES CERVEAUX-EN-CUVE.

IL N’EST SIMPLEMENT QUE CEUX QUI ACCEPTENT LA PREMIERE

PREMISSE DU AI IMPOSENT UN PETIITIO PRINCIPE CONTRE LES AUTRES QUI

ONT SOUVENT ARGUE QUE IL N’EST PAS NECESSAIRE D’EXCLURE LA

POSSIBILITE LOGIQUE DE L’ERREUR POUR ACQUERIR LA CERTITUDE

CONSISTANT AVEC LA CONNAISSANCE DU MONDE. LE PROBLEME LE PLUS

FONDAMENTAL EST QUE LES DEFENSEURS DE LA PREMIERE PREMISSE

AFFIRMENT D’HABITUDE QUE LA CERTITUDE ASSOCIE AUX MATHEMATIQUES

A LA LOGIQUE EST LE SEUL TYPE DE CERTITUDE QUI SOIT CONSISTANT AVEC

LA CERTITUDE NECESSAIRE POUR LA CONNAISSANCE EN GENERAL. POUR

EUX LE SEUL CRITERE D’UNE CERTITUDE QUI SOIT SUFFISANTE POUR LA

CONNAISSANCE EST NOTRE INCAPACITE A IMAGINER UN MONDE POSSIBLE

DU DISCOURS DANS LEQUEL CE QU’ON AFFIRME ETRE LE CAS N’EST PAS LE

CAS. SI NOUS SOMMES CAPABLES DE FAIRE CEL A, CE QU’ON AFFIRME ETRE

LE CAS N’EST PAS UN EXEMPLE DE LA CONNAISSANCE. BREF, POUR EUX, LE

SEUL CRITERE DE CONNAISSANCE EST SIMPLEMENT LE CARACTERE

INIMAGINABLE DU CONTRAIRE DANS TOUS LES UNIVERSES IMAGINABLES.

VRAISEMBLABLEMENT, AVEC DESCARTES ET D’ AUTRES, ILS PENSENT QUE SI

ON NE PEUT PAS DOUTER DE CERTAINES AFFIRMATIONS PARCE QU’ ON NE

PEUT PAS IMAGINER UN UNIVERS DU DISCOURS DANS LEQUEL CE QU’ON

AFFIRME ETRE LE CAS N’EST PAS LE CAS, CELA SUFFIRAIT SUREMENT A

ETABLIR LE TYPE DE CERTITUDE QUE ON TROUVE EN MATHEMATIQUES ET EN

LOGIQUE. POUR EUX LA RAISON POUR LAQUELLE LES MATHEMATIQUES ET

LA LOGIQUE NOUSDONNENT LA CONNAISSANCE EST SIMPLEMENT QUE,

CONTRAIREMENT AUX AFFIRMATIONS FAITES A PART LES MATHEMATIQUES

ET LA LOGIQUE, NOUS NE POUVONS PAS IMAGINER LES CIRCONSTANCES

DANS LESQUELLES CE QUE NOUS AFFIRMONS ETRE FAUX. BREF, ILS

COMMENCENT AVEC UN CONCEPT DE CONNAISSANCE QUI EXIGE QUE NOUS

EXCLUONS LA POSSIBILITE LOGIQUE DE L’ ERREUR PARCE QU’ILS

COMMENCENT AVEC LA POSITION QUE EN LES MATHEMATIQUES ET EN LA

LOGIQUE NOUS TROUVONS LA CONNAISANCE PARCE QUE NOUS NE

POUVONS PAS IMAGINER LA FAUSSETE DES AFFIRMATIONS QUI SONT EN JEU.

ALORS, POUR CEUX QUI ACCEPTENT LA PREMIERE PREMISSE DE AI, C’EST LA

RAISON FONDAMENTALE POUR LAQUELLE LA LIBERATION DE LA POSSIBILITE

LOGIQUE DE L’ERREUR EST UNE CONDITION NECESSAIRE POUR LA

CONNAISSANCE.

ENFIN, SURTOUT, LE PROBLEME AVEC CE TYPE DE RAISONnEMENT EST

QUE DANS L’HISTOIRE DE LAPENSEE, ON TROUVE, TOT OU TARD, QUE LE

POUVOIR D’ IMAGINER UN MONDE POSSIBLE DANS LEQUEL QUELQUE CHOSE

EST, OU N’EST PAS, LE CAS, CHANGE AVEC LE CHANGEMENT DE LA

CONNAISSANCE.PARFOIS CE QU’ON N’AVAIT PAS PU IMAGINER, PEUT ETRE

IMAGINE PLUS TARD AVEC UNE AUGMENTATION DES INFORMATIONS OU UN

CHANGEMENT DU POINT DE VUE, OCCASIONNE PAR UN CHANGEMENT, PAR

EXEMPLE, DES REGLES POUR EVALUER L’INFORMATION DISPONIBLE. EN

TOUT CAS, L’INCAPACITE D’IMAGINER UN MONDE DANS LEQUEL LE

CONTRAIRE DE CE QU’ON ACCEPTE COMME VRAI EST VRAI, N’EST PAS UN BON

CRITERE DE CERTITUDE PARCE QUE CE CRITERE RATAIT SOUVENT DANS LA

PASSE A FOURNIR LA PROTECTION CONTRE LA VERSATILITE DE

CONNAISSANCE. ALORS, SI CE CRITERE N’EST PAS MEILLEUR QUE LE CRITERE

DE SENS COMMUN, SELON LEQUEL ON PEUT AVOIR LA CERTITUDE QUAND ON

A UN HAUT NIVEAU DE PROBABILITE, ON N’A PAS PLUS DE RAISON

D’ACCEPTER LE CRITERE DE LA CONNAISSANCE PROPOSE PAR LES

PARTISANS DE LA PREMIERE PREMISSE DU AI QUE D’ACCEPTER L’ EN

NEGATION PROPOSE PAR LES PARTISANS DE L’ IDEE QUE JE SAIS QUE J’AI EU

UNE MERE BIOLOGIQUE QUAND BIEN MEME IL S’AGIRAIT SEULEMENT D’UN

FORTE PROBABILITE. ROBERT ALMEDER

Note.

IL Y A DES AUTRES PHILOSOPHES QUI ONT AFFIRME QUE LA PREMIERE PREMISSE EST FAUSSE MAIS PAS POUR LA RAISON QUE JE VIENS DE DONNER. AU LIEU DE CELA RAISON, ILS OFFRENT LA RAISON QUE IL N’Y A PAS VRAI QUE ON AURAIT LA MEME PREUVE DANS LES DEUX CONTEXTES, L’UN OU ON SERAIT UN CERVEAU-EN-CUVE ET L’AUTRE OU ON NE SERAIT PAS UN CERVEAU-EN-CUVE. ( VOYEZ, PAR EXEMPLE , TIMOTHY WILLIAMSON. KNOWLEDGE AND ITS LIMITS ; 2000. 15, 164 ff ; JOHN MCDOWELL. 1982. "CRITERIA,DEFEASIBILITY AND KNOWLEDGE" ; ROBERT NOZICK. 1981. 167-288, 176. ;CHRISTOPHER PEACOCK. 1986. 127-52 ; et CRISPIN WRIGHT ; 1983). MAIS TOUS CES PHILOSOPHES N’OFFRENT PAS LA MEME RAISON POUR DIRE QUE LA PREMIERE PREMISSE EST FAUSSE. POUR EXEMPLE, MSR. WILLIAMSON DONNE DEUX RAISONS. SA PREMIERE RAISON EST QUE LE SCEPTIQUE N’A PAS LES RESSOURCES POUR ETABLIR LA VERITE DE LA PREMIERE PREMISSE PARCE QUE LE SCEPTIQUE NE VOIS PAS QUE ON N’A PAS UNE PREUVE SANS EN AVOIR LA CONNAISSANCE. IL N’EST PAS POSSIBLE DE DONNER UNE PREUVE POUR UNE PHRASE SI NON ON SAIT QUE LA PHRASE QUEL ON DONNE COMME LA PREUVE EST DE MEME TEMPS UN ITEM DE LA CONNAISANCE ( 2000 ; 15.) SA DEUXIEME RAISON EST SIMPLEMENT QUE SI LA PREMIERE PREMISSE ETAIT VRAI, IL REDUIRAIT LE CONCEPT DE LA PREUVE AU ’PHENOMENAL’ CAR CELA PREMISSE AFFIRME QU’ ON AURAIT LE MEME PREUVE S’ON ETAIT UN CERVEAU EN CUVE QU’ ON AURAIT S’ ON N’ETAIT PAS UN CERVEAU A PART LA CUVE(169). MSR. MCDOWELL, CEPENDANT, AFFIRME LA FAUSETTE DE LA PREMIERE PREMISSE PAS POUR LES RAISONS OFFEREES PAR WILLIAMSON, MAIS POUR LA RAISON QUE TOUT LE MONDE PEUT SAVOIR IMMEDIATEMENT, SANS REFLEXION ET SANS FAIRE DES INFERENCES DES APPARITIONS, QUE ON N’EST PAS UN CERVEAU EN UNE CUVE. MALHEUREUSEMENT, JE N’AI PAS ASSEZ DE TEMPS ICI A FAIRE UNE CRITIQUE NEGATIF DE CES RAISONS OFFREES PAR WILLIAMSON ET MCDOWELL ( ET LES AUTRES) COMME UNE PREUVE QUE LA PREMIERE PREMISSE DE AI EST FAUSSE. JE L’ AI DEJA FAIT D’AILLEURS. ( VOYEZ EPISTEMIC TRUTH AND SCEPTICISM. -A VENIR)

note

It isn’t simply that insisting on eliminating the logical possibility of error begs the question against the intuitions so often expressed by people such as G.E. Moore ( among others) who would insist that because he obviously knows that he has hands the first premise must be false whatever the reason one might give for saying the first premise of AI is true. Indeed, others have noted that advocates of the first premise fail for simply begging the question against those who would insist on abandoning the first premise for reasons of the sort Moore and others have advanced . And of course the advocates of AI tell the same story about those who simply refiuse to accept the first premise of AI. They say that those who simply deny the first premise of AI for much the same reason as Moore did, simply beg the question against the reasoning offered for the truth of AI, namely the argument from BIV or Descartes’ dream Argument.

But the more persuasive reply to AI seems to be that the reason the question begging goes forward on on the part of the sceptic is simply that his insistence on eliminating the logical possibility of error is rooted fundamentally in the belief and intiuition that there is only one sense of « knows » namely the strong sense. But if Moore and his ilk meant to do anything at all in confronting AI it would have been to argue that because their sense of « knows » , the weak sense, is equally well entrench it should follow at least that the requirement for eliminating the logical possibility of error is at least arbitrary and so undermines any convincing evidence for the first premise of AI. And it seems to me that this is the fundamental reason why one should reject the first premise of AI.

The only reply open to the sceptic is that this again begs the question against the evidence offered for AI which, if it is sound and thereby justificatory of the first premise, should cause us to believe that indeed one does not know that one has hands, or that one had (has) a mother, that we all will die, that I will fall to earth when I jump from the Eifel Tower etc.

The basic reponse to this sceptical story is that if we are to define the concept of knowledge we must begin with how the concept is correctly used in its paradigm employment ; and paradigmatically in ordinary discourse and in scientific discourse it would be considered bizarre if one were to say sincerely that one never had a mother, or that one never had hands, or that cats grow from trees. Not to respect this is to make the most fundamental mistake of thinking that knowledge exists only where there is no logical possibility of error. Sure, descartes and others make this claim and from that they infer that there is no real knowledge about the world either in common sense or natural science. But if rational betting behavior is to count as an indication of what we know ( and I suggest that it is) the odds of my not having a mother or not falling after I throw myself from the Eifel Tower are just about the same as 2 plus 2 not being 4.


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